Jeudi 26 mars 2026 à 17h : Claire Schiano-Locurcio – “Monachisme féminin et exil religieux : le cas des clarisses anglaises (XVIIe-XVIIIe siècles)”
Maison de la Recherche, 28 rue Serpente, Paris 6e, de 17h à 18h30, salle D421
(La séance aura lieu en présentiel, un enregistrement sera ensuite publié sur la chaîne YouTube).
Cette présentation explore l’histoire des couvents féminins anglais de l’ordre de Sainte-Claire refondés dans le nord de la France après la dissolution des monastères en Angleterre. Elle analyse la manière dont le monachisme anglais se reconfigure après cette période de rupture et le rôle joué par ces communautés dans la survie et le développement du catholicisme anglais.
Elle reviendra d’abord sur les enjeux historiographiques qui ont structuré l’étude de ces communautés, avant d’aborder les questions méthodologiques qui ont jalonné l’analyse d’un riche corpus de sources manuscrites produites par les religieuses. Composé de chroniques conventuelles, de correspondances, de livres de comptes et d’écrits spirituels, cet ensemble de sources permet d’interroger les pratiques d’écriture monastiques féminines et la construction d’une mémoire communautaire dans le contexte de l’exil. Dans un second temps, la présentation s’intéressera à plusieurs aspects centraux de la vie de ces établissements, notamment les modalités de recrutement et les réseaux qui permettent aux jeunes femmes de rejoindre les couvents. Il s’agira enfin d’examiner comment la condition d’exil infuse l’ensemble des dimensions de la vie contemplative de ces religieuses.
Claire Schiano-Locurcio est docteure en civilisation britannique, spécialiste du catholicisme anglais des XVIIe et XVIIIe siècles, et actuellement chercheuse post-doctorante en histoire moderne à l’Université de Montpellier sur le projet ANR porté par Nicolas Guyard, « Abbesses, Seigneuresses et Réformatrices : une autre histoire de la réforme catholique ». Elle est l’auteure d’une thèse intitulée « ‘Pauvres des biens terrestres, elles seront riches des grâces divines’ : la pauvreté des clarisses anglaises exilées, 1609-1750 », soutenue fin 2024, sous la direction de Laurence Lux-Sterritt. Ses recherches, situées au croisement de l’histoire religieuse et sociale, et de l’histoire des femmes, portent une attention particulière aux pratiques économiques et spirituelles des religieuses ainsi qu’aux formes d’agentivité féminine dans le cloître.
